samedi 9 avril 2016

Ocean World, Puerto Plata: plaisir coupable...

Traversée de 22 h entre Samana et Puerto Plata.  La distance aurait été moindre, mais il faut retourner vers l'Est avant de revenir à l'Ouest...  On a eu une belle prise en mer: un beau Mahi-Mahi de 46'' de long.  Mike Fish, un américain rencontré à Samana, nous a donné un nouveau leurre, identique à ceux que j'utilise, mais d'une couleur rose fluo.  Beaucoup plus efficace que le bleu!  Karine a dépecé le poisson en mer; pas facile, elle s'est presque blessée avec le rapala quand une vague l'a fait tomber alors qu'elle dépeçait le poisson.  En tout, une grosse heure durant laquelle on a ramené le poisson (moi qui tire, Victor qui embobine le fil sur le cerceau, Mia qui ajuste le pilote auto pour nous mettre au vent, Karine qui prépare le rhum pour endormir le poisson et l'épuisette, etc) ensuite le dépecer, ensuite laver le pont du sang séché... mais un travail qui en vaut la peine.




Nous rentrons dans la marina d'Ocean World, un complexe immense qui comprend une marina, un hôtel, un casino et un parc zoologique/marin.  Ce serait un vrai paradis si ce n'était pas du sentiment constant d'arnaque qu'on ressent, même en entrant à la capitainerie.  Encore ici, 4 officiels se relayent pour nous faire signer de formulaires d'immigration, de douane,, etc. Et puis rapidement en se promenant sur le site, on se fait harceler pour assister à une présentation de ''timeshare'' à l'hôtel.  Il y a une superbe Rolls Royce stationnée devant et on nous laisse entendre que les gens riches ont compris à quel point le timershare est merveilleux.  Ceci est quelque peu décevant pour une marina (et un pays) doté de tant de beauté. La deuxième photo montre en premier plan les bassins des dauphins du parc Ocean World.


Plaisir coupable...
Avouons-le immédiatement, observer les animaux en captivité n'a pas le même intérêt que de le faire en pleine nature... Surtout quand il s'agit d'animaux évolués qui souffrent peut-être davantage du manque de liberté.  Ceci dit, les enfants ont bien envie d'aller voir les dauphins et de pouvoir les toucher.  Soulagés de 300$, nous entrons dans le parc et profitons d'une demie-heure de contact avec eux.  Je laisse les images parler.  Si vous observez nos sourires, vous comprendrez qu'on a pas boudé notre plaisir, finalement.  

Le ''Superman'': Deux dauphins poussent les pieds avec leur nez et te propulsent dans les airs!

Petite ''ride'' accochée aux ailerons!



Dances with dolphins ( ça pourrait être un titre de film)

Petit poisson-récompense.


Petite bise de Boomer, notre dauphin

Mia et Karine qui dansent avec Boomer et Sharky

Autre belle découverte: les oiseaux tropicaux à OW.  Toucan, Aras et love birds nous donnent un bon spectacle.  La personne dans la volière des Love Birds ( il y a 300 oiseaux dans cette volière) met des graines dans les cheveux de Mia et Karine ( je ne sais pas pourquoi elle n'a pas essayé d'en mettre sur ma tête...) et des dizaines d'oiseaux se posent sur sa tête pour aller manger.  Assez surprenant quand personne ne t'as avertis ou même demandé ton avis avant de mettre les graines!








Demain, avitaillement, préparation du bateau et formalités de sortie.  On prévoit quitter lundi am pour les bahamas.  On tentera la traversée sans escales aux Turk and Caicos: il nous manque de temps pour tout voir et beaucoup de miles à faire.  De plus, les Turks nous coûteront cher pour peu de temps.

mardi 5 avril 2016

Traversée Portorico et République Dominicaine.

Impossible d'obtenir notre clairance de Portorico un samedi, à Mayaguez.  Malgré l'imposante bâtisse des douanes, c'est fermé la fds.  On devrait aller à Aguadilla, au nord de l'île.  Impossible de le faire sans louer une voiture.  On rejoint Nycole, du réseau du capitaine.  En apprenant notre problème, elle ne fait ni une ni deux et rejoint la marina de la République Dominicaine, réputée difficile en matière de douanes.  Elle obtient l'assurance qu'on pourra faire l'entrée en RD sans avoir de clairance de PR ( ce qui est irrégulier...).  Ça nous évite bien des problèmes et on peut se reposer avant la traversée, plutôt que de courir à Aguadilla.  On fera notre sortie par téléphone avec PR, ce qui est ok avec les autorités de PR.

Lever à 6h, le dingy est dégonflé et placé sur le pont devant.  On quitte au moteur car il y a très peu de vent.  Guy Carpentier nous suggérait de faire la traversée par beau temps, car le passage de Mona, entre les deux îles peut être traître  On a une vague résiduelle de 6 pieds ( il y a eu des vents forts les jours précédents).  On lève donc la grand-voile, bordée serrée, pour éviter de trop tanguer dans cette vague de côté.  J'utilise à plein le principe '' d'overdrive'' sur l'hélice Gori repliable:  je la déplie de reculons et l'envoie en marche avant.  Ça me permet d'aller aussi vite à 1200 tours/min que si j'allais à 1700 tr/min.d'avant.  Sur 24h de moteur, c'est des dizaines de litres de fuel que j'économise.

Pendant la nuit, on rencontre une bouée à la dérive.  Une rencontre qui aurait pu faire mal si on l'avait frappée.  On est passé si près que Karine l'éclairait avec son cellulaire! Par chance, Karine est toujours très vigilente quand elle est de garde sur son quart, même la nuit.   On réduit la vitesse à 5 noeuds pour éviter la casse si on frappait quelque chose...

Il y a aussi la rencontre avec une énorme tortue, d'au moins 1.5 mètre de diamètre.  Probablement plus vieille que moi!  OK, la photo a l'air d'un pneu qui dérive, mais je vous jure, c'est une tortue!


Nous arrivons à Porto Bahia de Samana, en RD, à 9h00, après une traversée tranquille de 24h30.  L'entrée aurait pu virer au vinaigre, le Harbor Master nous ayant dit de mettre les défenses à gauche, alors que le quai de béton est à tribord... malgré tout pas de casse.  Les formalités se font facilement, grâce aux démarches de  Nycole.  Pour la première fois, les autorités (4 personnes) inspectent le bateau lui-même.  Une façon de justifier leurs salaires, car ils semblent très peu intéressés à vérifier quoi que ce soit et ça se déroule dans une ambiance agréable . Moins agréable, le prix de l'immigration (encore 2 autres officiels...): 118$+40$ de tickets de tourisme.  Bon, c'est les douanes les plus chères, mais la marina est à 1$ le pied, le meilleur prix depuis longtemps.  Parlant de la marina, c'est aussi la plus belle depuis le début du voyage.  Comme à Palmas del Mar, c'est un complexe hybride Marina-Condos-Hôtel-de-luxe.  Tout respire le luxe, le service est excellent.  S'il y avait de l'eau chaude, ce serait la perfection!  Ah, oui, et la piscine au 2e étage est spectaculaire.


Porto Bahia Samana







Enfin du gazon pour faire des roues!


Las Palmas, PR, à Mayaguez.

De Las Palmas, on repart après que le mauvais temps se soit écarté.  La sortie de la marina est quand même stressante: 5 pieds de vague nous attend de face en sortant de la marina.  On met le moteur à 2000 tours, on fonce dedans.  La vitesse ne dépasse pas 3 noeuds ( on devrait faire 7 sur une mer plate!) car le devant du bateau plonge dans cette vague.  On espère seulement ne pas avoir une panne moteur: on s'échouerait sur les roches en quelques minutes!  J'ai l'artimon et le génois prêts à être levés si cela se produisait...

Passé quelques miles, on vire sur tribord et on file vent et vagues de dos. Vitesse 7 noeuds et plus.
On arrive à Salinas, 30 miles plus loins, en fin de journée. Pour écarter les récifs, on a fait un arc qui allonge la route passablement, mais on est plus tranquilles.

Salinas est un canal dans les mangroves, super protégé.  Je croyais trouver une petite baie avec quelques voiliers, mais nous sommes au moins 100 voiliers dans la passe.  On rencontre un lamentin en quittant le lendemain matin.  La nuit, il y a des vers luminescents dans l'eau, c'est spectaculaire.

Direction Guiligan Island par la suite.  On y reste deux jours.  Même si la série du même nom n'y a pas été tourné, Guiligan Island est une belle découverte: baie super protégée par une ligne de mangrove et des récifs.   Dans l'île, il y a des canaux d'une dizaine de pieds de large.  On les remonte à contre-courant.  Ensuite, on se laisse dériver par le courant dans les canaux en regardans les racines de palétuviers dans l'eau et de superbes poissons tropicaux qui s'y cachent.
La baie de Guiligan Island, à Guanica, PR



Contr le courant... assez épuisant!


Mangrove

Les canaux de Guiligan Island





échouée sur la plage de Guiligan!




Après 2 jours à Guanica (Guiligan Island) on repart pour aller à Porto Real, sur la côte ouest de l'île.  La marina a des ''ratings'' d'enfer sur Active Captain, une appli. qui permet aux gens de donner leur avis sur des marinas/ancrages.  C'est un peu une déception; la marina est petite et ne comporte qu'un petit dépanneur.  On marche 10 minutes pour trouver une petite épicerie.  Bizarrement, on ne parle pas du tout anglais dans cette partie de PR.  On reste à l'ancre pour la nuit. 
Mayagues
 Le lendemain, après avoir difficilement levé l'ancre qui est enfouie dans la glaise, on se rend à Mayaguez, plus grande ville sur la côte ouest de PR.  La baie est immense, mais on est seul!  Déception aussi: je croyais qu'il y avait une marina.  J'espérait faire le plein de fuel et d'eau et acheter des cartes de la République Dominicaine qu'il nous manque. Il y a un sentiment d'insécurité ici.  Le quai est sur une plage déserte et sale ( il y a autant de vitre que de sable...)  Des passants nous disent que ce n'est pas sécuritaire pour laisser notre dingy.  On a pas vraiment le choix.  Bonne chose cependant, il y a une super épicerie.  On fait le plein (en 3 coups, car on n'a pas d'auto pour transporter l'épicerie...) d'eau et d'aliments.  Les gens sont malgré tout très gentils.  Une dame arrête sa voiture et nous reconduit au restaurant qu'on cherchait. Un homme nous arrête et nous donne des petits gâteaux, compliments de Portorico!  Quand on dit qu'on est canadiens, tout le monde nous dit: ah, oui, le bateau ancré dans la baie!  On est seuls dans cette grande baie, ça fait un peu drôle.  ici, les chevaux sont fréquents et au retour à notre dingy, il y un cheval qui se baigne juste à côté!




seuls dans la baie de Mayaguez

St-Thomas à Culebra, Culebra à Porto Rico

Impossible de faire fonctionner le désalinisateur du bateau.  Reefco n'a pu nous fournir les pièces,
On en profite également pour réparer l'éolienne.  Elle était tombée par 30 noeuds de vent dans les îles Vierges.  2 pales étaient cassées. Le manchon craqué.  Fibre de verre, époxy et un peu de peinture ( et 2heures en haut du mat!) et le tout fonctionne à nouveau à merveille.  Quelques photos aussi du bateau ''Super Servant'' qui se cale dans l'eau pour que de yachts montent dedans.  Puis il se remet à flot.  Spectaculaire.  Les mégayachts de 100' semblent bien petits dessus!





On remplit donc un des deux réservoirs à Crown Bay, St-Thomas, et on quitte vers 08h30 pour Culebra. Distance: moins de 20 miles nautiques.  La traversée se fait rapidement: à 12h30, on est ancrés dans la baie intérieure de Ensenada Honda.  On la connaît bien, puisqu'on a passé un bon bout de décembre ici.  Les vents de 20 à 25 noeuds nous poussent rapidement, avec la vague de dos. Black Cat fait souvent 7 et même 8 noeuds. Vitesse maximale:8.3 noeuds.  Le tout avec artimont et genois seulement. Pas de grand-voile, inutile et trop complexe à gérer par vent arrière.  La vague fait souvent 6-8 pieds.


Le soir, on en profite pour aller souper au Dingy's restaurant, de Culebra.  Karine raffole des crevettes à la noix de coco.  Les enfants se délectent et abusent du wifi du resto!  Les attaques sur Clash of Clans n'attendent pas l'autre!

On en profite également pour aller chercher notre ''Cruising permit'' que les USA demandent pour les voyageurs étrangers.  Il sera bon pour une année.  La formalité se fait facilement à l'aéroport de Culebra.  Les enfants ont même le privilège d'étamper eux-même le document avec le tampon officiel du douanier!  Un gars professionnel ET sympatique, comme quoi on peut jumeler les deux...

Le lendemain( le 27 mars) on met le voiles de bonne heure, espérant réitérer nos bonnes moyennes de la veille.  La météo avait d'autres plans.  Vents jusqu'à 32 noeuds, mer qui forcit jusqu'à 10 pieds, vagues qui commencent à déferler... le temps se gâte.  Au moment de tourner la bouée à la pointe Est de Porto Rico, un grain  nous tombe dessus.  Les nuages sont noirs, la mer fait peur.  Le vent change et fait empanner l'artimont.  L'écoute d'artimont casse.  Après que le grain soit passé, ça se calme un peu.  Vent de 20-25 noeuds. Soleil de retour.  On a affalé l'artimont pour éviter d'autre casse.

Vers 13h, il y a encore un grain qui fonce sur nous.  On voulait faire 60 miles aujourd'hui, mais ce serait téméraire.  Les enfants, bizzarement, dorment dans le carré. On décide de rentrer dans une marina: Palma Del Mar marina, C'est une superbe marina, quais en béton.  Étonnement, elle est presque vide.  On nous assigne le slip A-18.  Quelle surprise à notre arrivée de voir le catamaran avec lequel on conversait pendant notre traversée Caroline du Nord-Porto Rico.  Il s'appelle Wonderland, mais malheureusement son capitaine n'est pas à bord.



Piscine Palmas de Mar




Drapeaux rouges: on restera à la piscine pendant 2 jours.

Palmas del Mar marina.

Entrée vers Palmas de Mar... par force 5!

Our friend from the Atlantic Crossing, Wonderland!