vendredi 6 novembre 2015

Reste de l'ICW

Après Coinjock, on continue dans les canaux.  On passe le Albermale sound, un genre de ''Lac St-Pierre-salé'', vaste à perte de vue mais creux de 6-10 pieds seulement.  Même en restant entre le marqueurs terrestres et en suivant la ligne sur notre traceur électronique, il nous est arrivé de se planter dans un banc de sable.  C'est là que je suis content d'avoir installé une hélice repliable car contrairement à une hélice fixe, la mienne donne 100% de puissance de reculon.  Ça nous permet de se sortir du banc de sable sans trop de mal.  Même s'il n'y a pas de dégâts sur le bateau, se planter à 6 nœuds, ça réveille un équipage!

On passe une nuité à l'ancre à quelques encablures d'autres voiliers.  Le fond est vaseux, comme j'ai jamais vu.  On doit se reprendre â trois fois avant de pouvoir tenir à l'endroit voulu. Une fois terminé la manœuvre, je suis couvert de bouette, autant que le pont.  Il fait gris, il pleut, la noirceur tombe.  Dans ces conditions, après avoir fait 10h de moteur, on se couche vers 20h et le sommeil ne se fait pas attendre.
Depuis le début de l'ICW, on suit souvent les mêmes bateaux, mais on s'est liés d'amitié avec l'équipage de Windbird, un Tayana 42. Marc et Judy sont très généreux et nous donnent des conseils, eux qui ont fait l'ICW maintes fois.  J'avoue même me fier passablement sur eux et je ne prépare pas ma navigation d'avance, je me contente de suivre en mouton.  ''On s'en va à quel endroit? '' me demande Karine.  '' On suit Windbird, mais je sais pas ou on va!'' que je lui répond. Les jours suivants je planifie un peu plus consciencieusement mes cartes... quoique voilà le problème: je n'ai pas acheté les cartes papier car on n'est pas arrêtés à Norfolk comme prévu.  J'ai les cartes électroniques, mais elles ne donnent pas un aperçu global, plus un point détaillé.  Autre note que je prend...

De Norfolk à Beaufort nous prendra finalement 5 jours de voile-moteur.  Quand on est dans le Pamlico sound ( aussi peu profond que l'Albermarle) on peut mettre le genois.  Sans pouvoir fermer le moteur, il nous donne un nœud de plus...  Parlant de moteur, j'en reviens pas de l'autonomie qu'on a. Depuis que j'ai installé la nouvelle hélice, je peux utiliser un genre ''d'overdrive'' et diminuer les tours sur le moteur.  Depuis le Rhode Island, je n'ai utilisé que la moitié de mon fuel, pour une centaine d'heures de moteur.  Une bonne nouvelle.  Mauvaise nouvelle, l'alternateur est Kaput et ne charge presque plus.

Marc, de Windbird est venu inspecter mon installation de radio-amateur (HF-Ham radio) et ne comprend pas pourquoi je n'arrive pas à communiquer.  Par contre, je reçois assez bien son signal, mais je ne peux lui parler.  Étrange.  Rendu à Beaufort en Caroline du nord, je m'aperçois que je ne transmet pas sur la même longueur d'onde que j'écoute.  Un bogue de mon radio.  Je contacte Maxime Pratti, qui m'a donné mes cours de radio avec Nycole du réseau du capitaine.  On résous le problème.  Finalement, le 5 novembre, j'arrive à avoir une communication super claire avec Montréal.  C'est la joie dans le bateau!  Le lendemain je répète l'expérience et ça fonctionne super bien.

À Beaufort ( Morehead, pour être précis) on prend une marina pour qq jours.  Je dois réparer le frigo, l'alternateur, la pompe à eau, étancher le pont et d'autres bricole.  Par chance on a du wifi.  Dernier pépin, les deux équipiers qui voulaient venir avec nous se sont désistés, pour des questions d'horaires.  Pas facile de trouver des équipiers de dernière minute.  Pas qu'on avait mal planifié, mais on voulait faire de la mer avant de décider si on le faisait par la mer ou par les canaux.  5 jours de canaux pour chaque jour de mer, ça correspond à deux mois de canaux pour se rendre au même point que 10-11 jours en mer...  Si on descend jusqu'aux Bahamas par la côte, on n'aura pas le temps de descendre jusqu'à la Martinique, la Guadeloupe, les Îles Vierges, etc.  On veut vraiment voir ces îles, donc on espère trouver un autre équipier pour nous accompagner en mer...
City Dock at Morehead, NC

City Docks. Avec de Vrais palmiers!

Morehead

Un peu de lecture dans le cockpit

Le 5 à 7 que les enfants réclament!
 

lundi 2 novembre 2015

De Norfolk à Coinjock dans l'ICW


Porte-Avion à Norfolk



Norfolk


Norfolk




 
Norfolk



Norfolk:
Plus grande base navale en Atlantique, il y a des dizaines de navires de guerre et on passe devant.  Je me tiens assez loin car j'ai entendu certaines personnes se faire appréhender par la navy quand ils passaient trop près.  Ensuite, c'est une suite de chantiers navals civils et d'industries de toutes sortes. Du béton et de l'acier à perte de vue.  Des cargos et des remorqueurs qui nous croisent.  On se sent petits et vulnérables!
Après la première écluse, le paysage change.  Fini l'acier, les arbres reprennent leur place le long des rives.  Quelques petites barges et quelques petits bateaux de l'armée armés jusqu'aux dents ( mitrailleuses, gatling gun, etc).


Deuxième journée dans l'ICW.  Le paysage n'est pas sans nous rappeler le canal de Champlain entre le lac Champlain et la rivière Hudson.  Même largeur, mêmes bouées, méandres interminables.
Alors qu'on pouvait faire 120-140 miles par 24h en mer, ici on fait 40 miles par jour.  Une ''grosse'' journée c'est 50 miles.  On recevra beaucoup de pluie ce jour et ça pourrait réduire la visibilité.  On pourrait devoir rester à Coinjock pour une couple de jours si c'est pas meilleur.

Mia et Victor sont allés au resto de la marina pour prendre quelques bonbons d'halloween qu'il était resté de la veille.
 

dimanche 1 novembre 2015

De Ocean City à Norfolk.

30 heures de navigation.  On quitte Ocean City le matin et tout est calme.  On met toutes les voiles pour tester notre nouvel arrangement avec la grand-voile.  Ça fonctionne très bien.  Par contre, l'enrouleur de genois est un peu dur à rouler avec le genois neuf: peut-être le tissus encore raide de la voile est plus difficile à enrouler...
Un voilier nous suit mais nous rattrape, il file 1-2 nœuds de plus que nous. 
En après-midi, le vent forci.  On se fait plaisir: Black Cat sort les griffes et le speedo monte: 8 puis 8.5 nœuds. C'est grisant comme vitesse comparé aux 5-6 nœuds qu'on fait habituellement.  Par contre, quand le soleil se couche, on file encore à cette vitesse et c'est pas facile pour les enfants de s'endormir quand ça bouge autant.  Le vent qui devait mollir selon les prédictions tarde à le faire.  Ça ne fait pas notre affaire car à ce rythme, on va arriver à Norfolk de nuit.  En plus, la lune aussi tarde à se lever et vers 20h il fait une nuit d'encre.  Elle arrivera vers 21h et nous éclaire enfin.  Pas pour nous diriger, mais pour voir venir les vagues et nous assurer de ne pas frapper une bouée non-illuminée (on en a croisée une au large du NJ: pas sur la map et pas de lumière, on aurait pu la frapper si on n'avait pas été vigilants).

Je me couche de 21h à minuit pendant que Karine barre.  Ça brasse et c'est pas facile de s'endormir avec autant de mouvement.  À minuit, c'est mon quart et Karine va se coucher.  Elle ne pourra pas dormir beaucoup car le vent a tourné au nord, mais la houle est de l'est et assez forte.  Je n'arrive pas à trouver une allure confortable  pour que les trois autres dorment paisiblement.  À 01h30 Karine vient m'aider et on affale la grand-voile et on part le moteur.  Le vent est devenu faible de toute façon et on n'avance plus beaucoup. 

À 6h on est à l'embouchure de la baie de Chesapeake et on croise de nombreux cargos.  Il y a des dauphins aussi et je n'arrive toujours pas à le prendre en photo.

Vers 11h on tourne le coin de la base maritime de Norfolk.  Les navires de guerre sont alignés les uns à côté des autres: c'est assez intimidant.   On ne s'arrête pas et on continue jusqu'à l'embouchure de Elisabeth river, qui devient l'IntraCoastal Waterway, un canal qui pourrait nous mener jusqu'en Floride.  Par contre, c'est parsemé de ponts qu'il faut attendre pour faire ouvrir et il est difficile de rouler plus de 50 miles par jour. On ne peut pas avancer de nuit: bref, c'est long longtemps!
Par exemple, à Norfolk il a fallu attendre plus d'une heure pour que le pont s'ouvre et nous laisse passer. C'est long à faire des ronds dans l'eau.  En plus, la Navy vient avec un bateau armé de mitrailleuses et nous ordonne de nous éloigner d'un chantier de réparation de bateaux de la Navy... je ne me suis pas obstiné avec eux...

On doit aussi faire des écluses, ce qui nous retarde aussi dans notre progression. Heureusement, on se souvient comment faire ( on en a fait 12 pour sortir du lac Champlain).

Nous sommes plus d'une dizaine de bateaux qui se suivent dans le ICW et nous sommes à l'arrière.  Le soir arrivant, tous les bateaux arrêtent à la même marina et il ne reste pas de place pour nous.  Par contre la ville met à notre disposition un quai publique. On y passera la nuit gratuitement.  On se rend dans un magasin acheter quelques bonbons car c'est l'halloween.  On soupe dans un resto Mexican super bon marché: 22$ pour nous-quatres!
Cargo dans la baie de Chesapeake

Selfie!

Attente dans les écluses

Ajouter une légende

Écluses

Mia prête à l'abordage! Halloween!

ICW: le highway des bateaux qui vont dans le sud!

pourquoi on a le mal de mer...

Les vents qui nous poussent vers le sud viennent parfois du nord, mais également de l'est ou de l'ouest.  Par contre, la houle (swell pour les anglais) vient généralement de l'est.  On a donc des vagues qui nous font balancer de gauche à droite toutes les 5 secondes.  À l'extérieur, c'est plus tolérable.  À l'intérieur, quand on voit dehors, c'est pénible.  Dans une salle de bain ou la cuisine, on ne se sent pas bien très longtemps.  Voyez par vous-même le vidéo.

Nous prenons tous de la médication pour prévenir les nausées et ça marche assez bien.  Par contre, le corps se fatigue vite de se faire brasser comme ça et on dort peu la nuit.  Faudra s'y faire...

jeudi 29 octobre 2015

Sortie de la Manasquan river inlet.

Ça bouge un peu, mais c'est rien comparé à notre entrée, quand il y avait des vagues démentielles au même endroit.  Le courrant était inversé par rapport aux vagues, c'était pas beau. Mais la sortie s'est fait sans encombres.

Première nuit en mer

Nous voici, nous voilà c'est le temps de faire le premier 24H en mer et si tout va bien c'est trois jours qui s'annoncent.  Je suis .... en fait je ne sais pas comment je me sens.  Au départ de Block Island, je ne suis pas nerveuse j'ai aucun symptôme que j'ai habituellement lors d'un départ ( en d'autres termes plus terre à terre, l'appel de la toilette ne se fait pas sentir!!!).  Nous quittons et à mon grand bonheur je vois des dauphins  venir jouer avec les vagues du bateau  Je savais que ça pouvait arriver mais aussitôt dans le voyage alors là non.  Au départ je pensais à un requin car l'aileron était noire mais lorsque j'ai appelé les autres pour venir les admirer nous avons bien vu que c'était des dauphins!  Nous avons déjà instaurer un horaire de quart de navigation pour ma part je ferai de midi à 16H, de 20H à minuit et de 4H à 8H.

Il fait froid mais à la tombée du jour, j'ai une pleine lune et un ciel clair pour me tenir compagnie.  Le reflet de la lune sur l'eau est magnifique et lorsqu'elle se cache derrière un nuage, on dirait un  "spot" qui éclaire le bateau à son retour.  Nous passons le Long Island Sound et j'écoute la chanson de Billy Joel, Downeaster Alexa.  C'est bizarre la sensation, je navigue exactement les eaux dont la chanson parlent en simultané, c'est quasi plannant.  Le vent souffle de plus en plus et je navigue à pleine vitesse, en moyenne 6,5 noeuds et même 7noeuds plus souvent qu'autrement.  je me dis qu'à cette vitesse nous serons à New York en moins de deux.  Et bien oui, nous croisons même un super bateau de croisière qui je crois nous a visité à Deschaillons, le Crystal Symphony.  Nous sommes sur sa route alors ....le petit cède la place au grand, on dévie de notre route pour l'admirer de loin.

Au petit matin, ce n'est plus la même chose, le vent qui a forci ne m'a pas laissé beaucoup de sommeil et les conditions se détériorent, il faut trouver une alternative autre que celles que nous avions déjà prévu avant le départ.  On s'arrête donc dans le pays des bateaux de pêche et nous ne croiseront que 3 voiliers en ces eaux inconnues.

Un peu de repos ne fera pas de tort.  Même si j'avais tout prévu et tout cuisiné les repas pour un voyage de 3 jours, le manque de sommeil fait déjà ses effets.  En plus, je ne peux plus supporter mes cheveux qui ne se sont pas fait laver depuis plusieurs jours.  Disons que pour la coquetterie on repassera!

Enfin des palmiers!

Nous quittons le NJ le 26 novembre, au matin.  Il faut tenir compte de la marée qui descend dans la rivière ou se trouve la marina, car le courant nous colle au quai.  Puis il y a un pont levis pour le train qui passe à 100m derrière nous ( bien entendu, une fois les amarres détachées, un train s'annonce et le pont se baisse: on doit faire des ronds dans la rivière jusqu'à ce que le pont se relève...).
Une fois sortis en mer, on établit les voiles.  Karine se rend compte qu'une poulie sur la bôme a cassé. On ne peut plus utiliser la grand-voile et on avait choisi le petit foc en avant, par prudence.  La vague de 4-5 pieds, de travers, ne nous permet pas de facilement changer les voiles ou de réparer la bôme.
On se résous donc à utiliser le foc et le moteur.  On roule 5-6 nœuds, ce qui est trop vite car à minuit on est devant Cape May, qu'on croyait être la destination de ce jour.  Une entrée de nuit ne nous tente guère.  On continue donc de rouler jusqu'au matin, ce qui nous mène à Ocean City, Maryland.  On ne peut pas poursuivre ( on le savait, c'était annoncé: 30-40 nœuds de vent= 60-80 km/h). On rentre donc vers l'embouchure qui mène à la marina.  Un gros sportfischer de 50 pieds passe en enragé à côté de nous, levant lui-même une vague de 4 pieds.  On se fait brasser ( davantage...) et le tangon fixé au mat arrache de son support et tombe à l'eau.  Le temps de faire demi-tour et le tangon coule à pic sous nos yeux!  1000 $ à l'eau à  moins de 100 mètres de l'embouchure!  Au moins personne n'est blessé, car à 17 pieds de long et environ 30 livres, il aurait pu assommer quelqu'un.  De toute façon il servait peu. 

On doit rester 3 jours ici pour laisser passer la dépression.  La marina ne compte que des Sport-fishers, des bateaux faits pour la pêche en mer. Un tableau de statistiques pour la marina met le gagnant de la saison avec un Marlin de 560 livres, sans compter les autres poissons.  C'est le sport national ici.  Pas de voiliers. Pas de cruisers.  Que des pêcheurs d'espadon!
Enfin des palmiers! Et du temps plus chaud.

Sport Fisher. Genre Viking, ou Hatteras, pour les connaisseurs du genre.

Ce sont les seuls bateaux à peupler la marina.

Atlantic City, vue du large au soleil couchant.

Pirate Mia

Pirate Victor, armé d'une épée et de son lollypop!